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L'assaut.

« Il n'est pas bon que l'homme soit seul » C'est là une vérité qui ne passe pas.

Sans doute quelques ermites ont fait exception, mais en général l'homme a besoin d'une compagne, et si cela est impossible, il lui faut au moins un compagnon, un intime, un confident des peines et des espérances.

Les soldats de la grande guerre n'ont pas fait exception à la règle. En général, ils adoptaient un camarade qui devenait plus ami, plus intime que les autres, et comme résultat les unités humaines devenaient des couples.

Pour nos Canadiens, particulièrement nos gars de chantier, cette association ou intimité, continuait à s'appeler un span ou un team.

Gustin avait suivi la coutume générale. Son partenaire était un autre Canadien, ex-gars de chantier, Georges Rivest, natif de l'Épiphanie.

Ils s'étaient connus dans les chantiers du haut Saint-Maurice, où ils avaient bûché ensemble ; puis dans les tranchées, où ils avaient partagé la même vie de misère.

Entre les deux, tout paraissait contraste. Tremblay était grand, bien proportionné ; Rivet était court, trapu. Rivest semblait n'ouvrir la bouche que pour écorcher la belle langue française par un juron frisant le blasphème, ou encore par des expressions peu françaises ; Tremblay, au contraire, parlait un langage presque parfait.

Pourtant, ils avaient de grands points de ressemblance. Tous deux étaient braves, sans témérité. Tous deux avaient aimé le gin et s'étaient enrôlés entre deux verres. Tous deux avaient complètement rompu avec dame bouteille : Tremblay, par regret et amour de sa promise ; Rivest, par colère et orgueil.

Ni l'un ni l'autre ne buvait jamais de liqueurs alcooliques : on les avait surnommés les Boileau (boit l'eau). L'un était le Grand Boileau et l'autre le Petit Boileau.

Une autre chose était commune aux deux, et même à tous les soldats dans les tranchées, c'était l'espérance d'une paix prochaine. On se disait que les Empires du Centre étaient à bout, que bientôt ils demanderaient quartier. Pour les deux Boileau, la paix, c'était le retour, c'était le pays, et ils espéraient.

C'est la vie, parce que c'est la nature humaine. Vivre, c'est souffrir, désirer et espérer.

Même on mettait un terme à la résistance des Allemands : « Ils ne pourront tenir plus de trois mois. Trois mois et ce sera la paix, » disaient les poilus. Et pour les Canadiens, cela amenait une vision de ciel clair et bleu, de forêts odorantes, de rivières limpides, de villages coquets autour de l'église au clocher pointu. C'était encore la vision de campagnes immenses avec leurs champs et leurs troupeaux.

La paix, c'était surtout le retour au pays, la fête du cœur meurtri retrouvant la chaude atmosphère du chez nous, l'accueil réconfortant des êtres compris et aimés, dont le cœur sait lui aussi nous comprendre et nous aimer.

Les deux Boileau, comme les autres, faisaient des projets d'avenir à l'infini. Ensemble, ils parlaient du pays. Rivest parlait de sa mère, de son père qui venait de mourir, de ses deux frères, dont l'un victime d'un accident s'en allait mourant, et il disait :

« De la famille, je n'en ai déjà presque plus ».

Tu prendras une place dans la mienne, répondait Augustin. La paix s'en vient ; à Noël on sera chez nous. Je t'emmène à la messe de Minuit à Roberval ; tu vas voir si j'ai une belle blonde. Il ne s'en fait plus de pareille.

Rivest gouaillait :

Si elle est épatante, je te la chipe.

Y a pas de danger pour la mienne, mais le père Neuville a d'autres filles. Si tu n'es pas trop sacrârd, tu pourrais avoir une chance.

Et Rivest de faire l'homme en égrenant tout un chapelet de jurons, dont quelques uns auraient pu être appelés des blasphèmes.

Pourtant le compagnonnage d'un bon vivant, et surtout la pratique d'un reste de dévotion, prise sur les genoux de sa mère, faisaient que le Petit Boileau s'amendait et sacrait de moins e

Dettagli

Generi Romanzi e Letterature » Romanzi contemporanei

Editore Gilbert Terol

Formato Ebook con Adobe DRM

Pubblicato 07/11/2019

Lingua Francese

EAN-13 1230003545928

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