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Vers l'automne de 1830, par une soirée froide et pluvieuse, une chaise de poste, qui suivait la route d'Angers à Nantes, quitta brusquement le grand chemin pour prendre un sentier enfoncé dans les terres. Il faisait une affreuse nuit. Le vent sifflait à travers les arbres ; les rameaux dépouillés craquaient ; les orfraies criaient dans le creux des chênes. À chaque instant, les chevaux, découragés, refusaient d'avancer ; le postillon jurait, et la chaise, battue par la tourmente, menaçait de s'abîmer dans les ornières des sentiers effondrés. Pas une étoile ne brillait au ciel, pas une lumière dans le paysage ; des aboiements plaintifs qui se mêlaient, à longs intervalles, aux gémissemens de la bise, révélaient seuls quelques habitations éloignées. Au milieu de cette scène désolée, la voiture était, à l'intérieur, silencieuse comme un tombeau : pas un mouvement, pas un bruit de voix qui trahît au dedans l'inquiétude ou l'impatience ; on eût dit le voyage d'un mort gagnant sa demeure dernière. Enfin, au bout de quelques heures, les chevaux galopèrent sur un terrain ferme et sonore, entre une double rangée de platanes ; le fouet du postillon donna joyeusement la fanfare d'arrivée, et la chaise s'arrêta bientôt devant le perron du vieux château de Beaumeillant. À l'immobilité du manoir, il était aisé de voir qu'on n'y attendait personne ; ce fut le postillon qui ouvrit la portière et abaissa le marchepied. Une femme de chambre s'élança la première, et, pour l'aider à descendre, offrit respectueusement sa main à une femme pâle et languissante. Cependant les fenêtres s'étaient illuminées, et les serviteurs, accourus avec des flambeaux, reconnurent leur maîtresse à tous, la comtesse de Beaumeillant.

Elle était bien changée, et chacun, en l'apercevant, ne put réprimer un mouvement de douloureux étonnement. Il est vrai qu'ils ne l'avaient pas vue depuis près de deux ans ; mais ces deux années avaient suffi pour flétrir à jamais ce qui restait en elle de beauté. Elle monta lentement les degrés du perron, et, coupant court à l'empressement de ses gens, elle demanda son fils. Au même instant, un grand et beau jeune homme la reçut sur son cœur et l'emporta presque évanouie entre ses bras.

En revenant à elle, Mme de Beaumeillant vit à ses genoux son fils qui la regardait avec amour. Elle prit entre ses mains cette blonde tête, et, la pressant contre son sein par une étreinte convulsive, elle l'inonda de ses larmes. Richard pleurait aussi, et déjà, aux transports de sa joie, se mêlaient des pensées amères ; car, malgré sa grande jeunesse et son ignorance des choses de la vie, il comprenait vaguement que les pleurs qu'il voyait couler avaient une autre source que l'attendrissement du retour : sous ces traits ravagés moins par le temps que par la douleur, il pressentait une ame mortellement atteinte qui revenait au gîte pour se reposer et s'éteindre.

Ce jeune homme était grave avant l'âge. Né au milieu des orages d'une union tourmentée, il avait assisté, enfant, au plus lamentable spectacle qui se puisse donner autour d'un berceau. Des scènes mystérieuses, étranges, mêlées de sanglots, de colère et de haine, avaient grondé comme la foudre sur ses premiers ans. Il en gardait encore un souvenir rempli d'épouvante. Baigné par les pleurs de sa mère, sans un sourire de son père pour le réchauffer, il s'était élevé tristement, pareil à ces plantes qui croissent dans les coins humides et sombres. On ne sait pas quel trouble funeste et quelle précoce expérience jettent dans le cœur des enfans les luttes du foyer et la division des époux. Heureux ceux qui, nés entre deux baisers, ont pu grandir dans l'atmosphère des tendresses mutuelles ! Un jour, celui dont nous parlons vit sa mère partir seule, éplorée, comme s'il se fût agi d'un long voyage et d'une séparation éternelle. Le voyage fut long en effet. Elle avait promis un prompt retour, mais son fils l'attendit vainement. Elle ne revint plus que de loin en loin, pour le voir un

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Generi Romanzi e Letterature » Classici

Editore Gilbert Terol

Formato Ebook con Adobe DRM

Pubblicato 31/10/2018

Lingua Francese

EAN-13 1230002766010

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Richard
 

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