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Il importe avant tout de préciser le caractère général de l'état moral qui fait l'objet de ce travail. Qu'offre-t-il donc, cet état, qui soit particulier? Et pourquoi lui appliquer la dénomination de maladie? Nous avons énuméré les principaux symptômes auxquels on reconnaît son existence: le besoin de l'isolement, la pratique de l'oisiveté contemplative, l'irrésolution, l'inquiétude, la mobilité, le doute, le dégoût de toutes choses, le découragement absolu, enfin la mort volontaire. Ces différents symptômes sont-ils tous et par eux-mêmes d'une nature pernicieuse? A ces questions, il faut répondre par une distinction.

Certes, que dans certaines conjonctures, sous l'influence d'une vocation religieuse ou d'une grande 18 douleur, on s'éloigne de la société des hommes, il n'y a là aucun sujet d'étonnement. Qu'on aime parfois à détourner ses regards du monde extérieur et réel pour les reporter au dedans de soi-même ou les promener à travers les domaines de l'imagination, rien de plus naturel encore. Que la volonté ait ses faiblesses et la faculté de connaître, ses limites; que la vie enfin nous réserve des déceptions et des douleurs de plus d'une sorte, qui pourrait le nier? Et celui qui jouirait d'une sérénité inaltérable ne serait-il pas placé au-dessus des lois de l'humanité?

Mais si un homme se sépare du monde sans autre motif que le désir de vivre seul; s'il se tient sans cesse replié sur lui-même et se renferme dans un milieu chimérique; si, avec une tendance instinctive vers un idéal élevé, il se sent inhabile à y parvenir; si, avide de croyance, il ne peut s'attacher avec persévérance à aucun principe religieux ou philosophique; s'il est atteint d'une désillusion précoce, et blasé avant l'âge; si sa souffrance, quoiqu'ayant une juste cause, dépasse toute mesure; si elle survit à sa cause, ou même si elle naît sans cause; si, loin de chercher à la dominer, il se laisse vaincre par elle; s'il l'entretient à plaisir, s'y complaît et s'y endort; surtout si, au mépris de ses devoirs envers son Auteur, envers ses semblables, envers lui-même, il rejette un fardeau qu'il juge trop lourd pour ses épaules et met fin volontairement à ses jours, alors 19 on peut affirmer qu'en lui l'équilibre moral est rompu, et qu'il est en proie à une véritable maladie, et, comme l'on dit aujourd'hui, à une névrose de l'âme.

Ne nous y trompons pas cependant. Il ne s'agit pas d'une de ces maladies mentales qui jettent dans les facultés du malade une telle perturbation qu'elles entraînent son irresponsabilité. De pareils troubles intéressent le médecin plutôt que le moraliste et nous n'avons point à nous en occuper. Ceux dont parle cet ouvrage laissent subsister le libre arbitre. Par suite, ce serait en vain qu'on chercherait à couvrir d'une sorte d'immunité les regrettables défaillances qui ont pu les accompagner, et en particulier le crime du suicide. Mais, sous cette réserve, on doit reconnaître que nous sommes ici en présence d'un état qu'on a pu justement qualifier de maladif.

A-t-on eu également raison de compléter cette qualification en y rattachant l'idée du siècle actuel, et de dire «la maladie du siècle»? Oui, car c'est dans notre siècle que cet état a pris les proportions les plus considérables. Mais, ne l'oublions pas, d'une part, il n'a pas duré autant que le siècle, puisqu'il a cessé depuis d'assez nombreuses années; et, d'autre part, c'est avant ce siècle qu'il avait commencé, car la plupart des grands mélancoliques, qui attiraient l'attention publique en 1800, s'étaient déjà fait connaître comme tels un peu avant cette époque, à peu près vers 1789. Bien plus, ils eurent eux-mêmes, 20 dans la génération précédente, des ancêtres authentiques et, pour tout dire, on retrouverait aussi des exemples de la disposition qui leur était ordinaire dès la plus haute antiquité, et chez les nations les plus différentes. Parcourons ces divers exemples plus ou moins anciens. Cette revue éclairera l'étude de l'épidémie mém

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UNE MALADIE MORALE LE MAL DU SIECLE
 

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