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À la fin d'août Gros-Jean revint chez lui un dimanche en compagnie d'Eusèbe Landry, « du troisième rang ». Il le connaissait un peu comme les campagnards se connaissent entre eux pour avoir jasé ensemble et s'être vus bien des fois.

C'était après la grand'messe, sur la place de l'église. Gros-Jean avait dit : « Viens-tu de mon côté ? » Et le veuf avait répondu : « J'irai bien faire un tour. »

Tu te souviens d'Eusèbe Landry du troisième rang ? dit Gros-Jean à sa femme, en entrant.

Ils échangèrent des poignées de main. En apercevant Marie le nouveau venu dit :

C'est ta grande fille ? J'ai su cela que tu avais une belle grande fille

Il la regarda, réjoui, les yeux agrandis et brillants, comme quelqu'un qui vient de trouver l'objet rare qu'il cherchait. Il s'assit et regarda de nouveau Marie ; il la buvait des yeux. Et craignant de paraître trop osé, il ajouta, d'un air mystérieux, mais assez significatif :

Quand ça fait huit ans qu'on est veuf, on peut bien regarder les filles !

Vas-tu finir tes jours comme ça ? demanda Gros-Jean.

Non, je pense pas. J'ai quasiment envie de me marier c't-automne. Vivre seul c'est pas une vie, puis une maison sans femme ça marche pas. Dans les premiers temps je pouvais pas penser à prendre une autre femme ; les souvenirs étaient encore trop vivants. Mais aujourd'hui je me dis que les plus belles années de ma vie s'en vont et que je fais mal de m'ennuyer comme ça

Oui bien sûr que tu perds les plus belles années de ta vie

On va avoir une belle récolte. Le foin est en abondance. Les « patates » vont se vendre bon prix ; je vas en retirer gros d'argent Oui je vas me marier c'te'automne.

Il regarda encore Marie. Les flammes d'autrefois se ravivèrent dans ses yeux. Il subissait comme jadis l'enchantement de l'amour. Et son regard était débordant d'honnête convoitise.

Il se leva et se retira en disant : « Je reviendrai. »

Les Dumont jetèrent sur leur fille des regards pleins de fierté. Eusèbe Landry était un veuf riche et considéré. Ne possédant qu'une instruction moyenne, il se faisant cependant remarquer par son jugement, son sens des affaires et son honnêteté à toute épreuve. Il était commissaire d'école, marguillier et la confiance qu'on avait en lui était profonde.

Craignant que Marie ne s'obstinât à refuser cette demande en mariage, la femme de Gros-Jean se mit tout de suite à dire ce qu'elle en pensait.

« Un homme comme cela, ça se refuse pas ! Bon garçon, en moyens, ça possède une belle maison bien montée, une terre toute faite d'un bout à l'autre, c'est gréé d'animaux comme pas un dans la paroisse Un veuf sans enfants c'est à considérer

Faut toujours bien qu'elle le trouve de son goût murmura Gros-Jean sérieux et paternel.

Oui, bien sûr, reprit-elle, il faut qu'elle le trouve de son goût. Mais il est pas déplaisant du tout. Rien que sa moustache qui est un peu grosse. En tout cas on peut dire que c'est un joli homme. »

Dettagli

Generi Passione e Sentimenti » Chick lit e Rosa contemporanei , Romanzi e Letterature » Rosa

Editore Gilbert Terol

Formato Ebook con Adobe DRM

Pubblicato 28/10/2019

Lingua Francese

EAN-13 1230003525715

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